« Le Groupement d’Employeurs, c’est la fidélisation du salarié à coût maîtrisé

« Le Groupement d’Employeurs, c’est la fidélisation du salarié à coût maîtrisé

Emanation d’initiatives concertées entre les partenaires institutionnels, les représentants consulaires et syndicaux et les acteurs de l’emploi du territoire varois, « ProGet Provence Méditerranée » a pour objet la promotion du dispositif des Groupements d’Employeurs. ADETO (Association des Entreprises de Toulon Ouest) est venue à notre rencontre pour leur apporter quelques précisions sur ce nouveau concept qui serait opportun de déployer pour dynamiser cette zone et y favoriser les échanges.
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ADETO NEWS : A quels types de besoins répond un G.E. ?

Laëtitia Cinquini : A partir du moment où sont identifiés entre plusieurs entreprises, des besoins ponctuels et récurrents, mais pas au même moment, tout au long de l’année, le GE peut répondre à n’importe quel type d’emplois ou d’activités. Il n’y a pas de règle. Les besoins peuvent être similaires et/ou complémentaires.

A. N. : Qu'est-ce qui distingue le groupement d'employeurs du travail temporaire ?

L.C. : Le travail temporaire, comme son nom l’indique, ne peut être que temporaire et en aucun cas il ne doit y avoir ré-embauche en interim d’un même salarié sur les mêmes missions chez le même employeur, sous peine d’une requalification immédiate en CDI. Le groupement d’employeurs, lui, répond à un besoin périodique, mais récurrent. On peut donc, à partir du moment où on trouve les complémentarités, inscrire le salarié dans un parcours d’emploi durable (en C.D.I. à temps plein) étant donné que ce dernier va être partagé. On ne se situe pas sur le même créneau.

A.N. : Quels sont les principaux avantages du groupementd'employeurs ?

L.C. : C’est la fidélisation du salarié par la pérennisation d’un poste à un coût maîtrisé puisqu’on peut anticiper ses besoins en main d’œuvre aux moments opportuns, alors que les recrutements de dernière minute font généralement perdre du temps donc de l’argent, et, de plus, le salarié peut ne pas être adapté ou qualifié.

A. N. : Dans quelle situation juridique se trouvent les salariés? Bénéficient-ils des mêmes droits que les autres salariés ? En matière de congés par exemple ?

L.C. : Les salariés sont sous contrat de travail du groupement d’employeurs et mis à disposition d’entreprises utilisatrices. Une convention collective est obligatoirement applicable au sein du groupement d’employeurs. Quant aux congés, conformes au droit, ils sont généralement prévus dans le calendrier de répartition du temps de travail. Nous préconisons d’ailleurs ce type de fonctionnement afin d’éviter toute problématique dans l’enchainement des utilisations.

A. N. : Quel est le coût pour l'entreprise utilisatrice ? Plus cher ou moins cher qu’un intérimaire ?

L.C. : On peut dire, même si les vocations sont différentes, que le groupement d’employeurs peut être concurrentiel car les coûts de fonctionnement sont moindres puisque définis par les adhérents. D’ailleurs, bon nombre de groupements sont gérés par du bénévolat et ne font appel à un comptable que pour établir les bulletins de salaire.

A. N. : Que se passe-t-il si un membre n'honore pas ses engagements ? S'il n'a plus besoin d'un salarié, par exemple ?

L.C : C’est un scénario possible qu’il convient d’anticiper en créant un fonds de trésorerie à partir d’une petite contribution sur la facture de l’adhérent. Il sera mis en réserve pour régler ce genre de problème. De plus, un préavis de rupture est établi et une caution est généralement demandée lors de la création du G.E. Cela étant, il appartiendra à ses membres de mettre à profit cette période de préavis pour rechercher une autre entreprise. Toutefois jusqu’alors je n’ai été témoin que de cas où les adhérents se sont montrés solidaires durant la période de préavis, en se substituant sans difficultés aux engagements des adhérents défaillants.

A.N. : Y a-t-il des contraintes en terme de distance géographique ?

L.C. : Elles relèvent du bon sens… Il faut que ce soit gérable. On ne peut pas demander à un salarié d’intervenir au delà d’un rayon de 35 kilomètres car les frais et les temps de trajet doivent être pris en compte. Toute l’organisation doit porter sur une réflexion cohérente.

A. N. : Quelle est l’attitude des syndicats vis à vis des G. E. ?

L.C : Ils manifestaient la crainte de voir amoindrir les avantages sociaux des salariés. Mais la loi pour le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels, dite "loi Cherpion", adoptée le 1er novembre dernier, prévoit en article 7A, la modification de l’article L. 1253-9 du Code du Travail qui précise par un alinéa la garantie d’égalité de traitement en matière de rémunération, d’intéressement, de participation et d’épargne salariale entre le salarié mis à disposition et le salarié permanent d’une entreprise utilisatrice.





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